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domingo, septiembre 9

Le business des souvenirs de vacances II



Il est impossible d'estimer les volumes écoulés chaque année, surtout qu'une bonne partie de la marchandise arrive sur le territoire clandestinement. « C'est un milieu où circule beaucoup d'argent liquide pas toujours propre », explique Marc-Henri Bacqueyrisses. « Il y a aussi des réseaux de vendeurs à la sauvette qui se fournissent directement auprès des Chinois et revendent trois fois moins cher qu'en boutique. »

Le commerce de souvenirs existe depuis que l'homme voyage. Initié par les marins qui rapportaient des coquillages de leurs expéditions, il prend une nouvelle dimension à la fin du XVIIIe siècle lorsque la bourgeoisie commence à s'offrir de longs déplacements. Des commerces dédiés se mettent alors en place. À Chambord, l'histoire ne manque pas de saveur : « Les premiers visiteurs ne s'embarrassaient pas : ils emportaient directement un morceau du château ! , raconte Guillaume Colombo. Une pierre déchaussée par exemple. Deux gardiens, un charpentier et un pâtissier se sont alors mis à vendre des boîtes de gâteaux ornées d'un dessin du château. » Avec l'avènement des congés payés, ce petit commerce devient une industrie de masse. « Le souvenir est devenu un produit standardisé, déconnecté du lieu où on l’achète, explique Valérie Perlès. Un dessin de dauphin symbolise tous les bords de mer, Il n'existe que pour répondre au cliché que l'on se fait de l'ailleurs. » 

Pourtant, les nouvelles tendances pourraient changer la donne. Des objets de décoration très design, dépourvus d'effigie, séduisent des touristes lassés du tout-chinois. Les tours Eiffel deviennent chics et s'affichent sur des salières et des porte-serviettes, un lettrage plus stylisé orne les porcelaines de Saint-Malo et la bigouden est croquée façon bande dessinée. Branché, le souvenir ? Pas encore, mais on y vient : « Les clients veulent utiliser ou porter leurs souvenirs. Ils souhaitent acheter sur le site un objet introuvable ailleurs, par exemple une tapisserie », remarque Guillaume Colombo. De leur côté, les fabricants reviennent à ce qui fait l'authenticité du lieu, confirme Valérie Perlès. « Ainsi, sur le site du Mont-Blanc, les fabricants de cannes de marche importent des exemplaires asiatiques, moins chers, mais ils tirent leur épingle du jeu en gardant une production locale. » Mais, surprise !, l'objet qui caracole en tête des ventes est tout simple et fabriqué en France : une médaille en métal frappée par la Monnaie de Paris à l'effigie du Mont-Blanc. Elle est vendue 2 € (dont 1€ revient au lieu touristique). Richard Faille réussit à s'aligner sur les prix asiatiques car elle se vend seulement dans des distributeurs...  Mieux : en éditant des séries limitées, Richard Faille a stimulé la demande. Plus de 5 000 collectionneurs se précipitent sur les nouvelles médailles dès leur création. Les plus rares peuvent s'échanger jusqu'à 5000 sur le Net. Un succès prodigieux qui prouve que le business des souvenirs a encore de belles ressources.

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